Fatima Beyina-Moussa, Directrice générale de la compagnie aérienne ECAIR

Fatima Beyina-Moussa, Directrice générale de la compagnie aérienne ECAIR

LE VISAGE JEUNE ET TOUT SOURIRE, dans son beau boubou bleu clair, elle accueille ses invités à dîner, sur la terrasse vitrée de sa jolie maison brazzavilloise. La directrice d’ECAir, la toute nouvelle compagnie congolaise, reçoit une délégation de l’Afraa (Association des compagnies aériennes africaines), en visite dans la capitale.

Fatima Beyina-Moussa, à la tête d’ECAir depuis un an, a mis les petits plats dans les grands avec l’aide de Dorette, traiteur talentueux qui conseille par ailleurs Servair au Congo pour concocter à bord des menus mixtes aux saveurs africaines et occidentales mêlées (mention top pour les petits farcis de safous !). L’ambiance est conviviale, décontractée. Comme Fatima, 40 ans à peine, deux fils de 7 et 4 ans, totalement passionnée par son nouveau boulot. « Je passe des questions très techniques, des réunions financières très pointues au choix des produits en duty free ou à la tenue des hôtesses. » À la tête d’une entreprise de 200 employés et d’une flotte de deux Boeing 737 et d’un 757 (un second sera livré dès juillet), cette jeune femme fait partie de la nouvelle génération d’Africains super-formés, capables d’évoluer avec talent dans les domaines les plus pointus.

Fille aînée de l’ex-ministre Pierre Moussa, actuel président de la Commission de la Cemac, elle a fait ses études au Canada et en France (HEC à Montréal, MBA à Ottawa et DEA en économie à Sciences-Po à Paris), avant de travailler pour le cabinet Ernst & Young au Congo, la Beac à Yaoundé, le Pnud à New York, un programme de management financier à Lagos, où son mari avait intégré la banque UBA. Puis retour au Congo où elle devient conseillère du ministre des Finances, chargée de l’économie et des réformes. « Un vrai centre de pouvoir et un très bon observatoire de tout ce qui se passe dans le pays. C’est à cette époque que j’ai commencé à travailler sur le lancement d’ECAir. J’étais l’interlocutrice de notre partenaire Lufthansa Consulting. Et tout naturellement on m’a proposé d’en prendre la direction générale. »

Aujourd’hui, son objectif est de faire grandir la compagnie nationale congolaise. En plus de la ligne Brazza-Paris et des vols nationaux, des rotations sur Douala, Cotonou ainsi qu’une ligne directe Paris Pointe-Noire vont bientôt voir le jour. L’idée, en accord avec les ambitions affichées de son pays, est de faire du nouvel aéroport de Brazzaville un véritable hub pour l’Afrique centrale. En bonne intelligence avec les autres compagnies de la sous-région. Un « partage du ciel ». Et ce soir là, dans la douceur de la nuit, en fin de dîner, entre les tasses de citronnelle et les coupes de champagne, on voyait bien dans son regard, à la fois enjoué et très volontaire, qu’elle est bien déterminée à remporter le pari.

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