Corée du Sud et Afrique : Un modèle en matière de développement

Corée du Sud et Afrique : Un modèle en matière de développement

Sa dépendance énergétique comme alimentaire amène ce partenaire récent à renforcer sa présence.

Discrète, presque méconnue en Afrique, la Corée du Sud figure pourtant parmi les cinq principaux partenaires du continent avec un volume d’échanges passé de 5 milliards de dollars en 2000 à 22 milliards en 2011. Cela dit, du fait de sa présence récente, son volume d’investissements reste négligeable (400 millions de dollars en 2009), mais devrait croître rapidement grâce au réseau d’agences sud–coréennes de facilitation des investissements, les Korea Trade-Investment Promotion Agency (Kotra). Avec la création de nouvelles agences en 2011 en Éthiopie, au Ghana et au Cameroun, la Corée du Sud compte sept Kotra sur le continent. Elle a par ailleurs affiché son ambition d’augmenter de 17 % le budget de la Koica (Agence internationale de coopération coréenne) pour appuyer les projets en Afrique.

Au même titre que l’Inde ou la Chine, le partenaire asiatique fonde sa politique sur la sécurisation de ses besoins en hydrocarbures, le pays ne produisant pas de pétrole, pour satisfaire sa forte croissance intérieure. La Korea National Oil Corp (Knoc) s’est alliée avec la compagnie nationale de pétrole PetroSA afin de développer l’exploration pétrolière et gazière sur le continent. Samsung a également des intérêts pétroliers en Algérie, en Guinée équatoriale, en Côte d’Ivoire et au Gabon, où elle va construire une raffinerie d’ici à 2016. Des accords miniers ont été passés avec de nombreux États, dont la RD Congo, le Niger et Madagascar. Outre sa consommation énergétique, la Corée du Sud doit aussi faire face à une demande exponentielle en denrées alimentaires et se montre particulièrement présente dans l’agrobusiness, à l’image de Daewoo.

Le pays dispose de compétences spécifiques, notamment en matière de nouvelles technologies, qu’il entend mettre au profit du continent. À l’instar de LG Electronics, Samsung souhaite développer des produits adaptés au marché local. Le groupe a ainsi conçu au Kenya le PC portable Netbook NC215S, qui fonctionne à l’énergie solaire. Les autorités sudcoréennes y ont d’ailleurs créé un centre technologique de formation d’ingénieurs, pour un montant de 25 millions de dollars. Par ailleurs, elles se sont engagées à consacrer 590 millions de dollars au continent dans la construction d’infrastructures, le développement des ressources naturelles, l’agriculture et la croissance verte, secteurs dans lesquels la Corée du Sud jouit d’une expertise certaine. Considérée en 2012 par l’OCDE comme un modèle en matière d’aide publique au développement (APD), elle reste le seul État au monde à être passé du statut de pays bénéficiaire de l’aide à celui de donateur, et l’un des rares à avoir accru en 2011 son APD de 5,8 %.

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