Aérien : Objectif 2025 pour Ethiopian Airlines

Le 27 septembre, Ethiopian Airlines s’est vu décerner, à New York, l’African Business Award, le prix de la meilleure entreprise du continent. Cet accessit ne vient pas seulement récompenser l’exceptionnel dynamisme de ce fleuron de l’économie éthiopienne, dont le trafic passager a bondi de 25 % en 2012 ; il distingue également une aptitude à se doter d’une vision de long terme. Depuis 2010, cette stratégie porte le nom de « Vision 2025 ». Objectif : « Transporter, d’ici à une douzaine d’années, 18 millions de passagers contre 6 millions aujourd’hui, générer un chiffre d’affaires de 10 milliards de dollars contre 2,1 milliards sur l’exercice fiscal 2012-2013 et opérer 120 appareils, soit le double de notre flotte actuelle », explique Henok Teferra, directeur de la communication du groupe. En outre, la compagnie compte quadrupler ses capacités cargo et porter sa masse salariale à 17 000 employés deux fois plus qu’aujourd’hui. « L’Afrique va connaître une très forte croissance au cours des dix prochaines années, et notre groupe va tirer parti de cette dynamique », soutient-il encore.

Pour développer l’interconnexion régionale, l’entreprise mise sur la création de hubs aériens en Afrique. Outre Addis-Abeba, Lomé et récemment Lilongwe, Ethiopian Airlines qui aime à vanter son visage de compagnie panafricaine prépare, sans communiquer davantage, l’établissement d’un quatrième carrefour aérien en Afrique centrale. Et pour relier le continent au reste du monde, les marchés émergents sont considérés comme stratégiques. « Nous nous trouvons aux confluents de nombreux pays particulièrement dynamiques : la Chine, l’Inde, le Moyen-Orient », explique le groupe, qui pointe la saturation du secteur aérien européen. En revanche, le développement du modèle low-cost n’est pas à l’étude, le continent manquant encore d’aéroports secondaires pour soutenir une telle économie. Outre le coût du pétrole et la forte concurrence des compagnies du Golfe, cette carence pourrait justement freiner les ambitions de la compagnie. Sa résilience pourrait-elle résider dans la naissance, en Afrique, d’un « ciel unique » ? « Cette mesure améliorerait la compétitivité des compagnies nationales et libérerait le transport aérien régional, reconnaît Henok Teferra, mais de nombreux gouvernements africains n’y sont pas encore préparés. »

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