Turquie : l’année décisive

Nouvelle dynamique économique ou crise à la fois financière et politique ? Les experts sont formels : 2014 sera une année charnière pour la Turquie dans un contexte marqué à la fois par la relance des négociations avec l’Europe mais aussi par un affaiblissement croissant de la livre et par un ralentissement marqué de la croissance du PIB (3,8 % en 2013 et 3,5 % prévus en 2014 contre 8,8 % en 2011).

La perspective d’une remontée des taux aux États-Unis a provoqué, depuis l’été 2013, une importante fuite des capitaux et Ankara voit désormais pointer le spectre d’une crise de liquidités comparable à celle de 2001, qui l’avait obligé à faire appel au Fonds monétaire international (FMI). Dans le même temps, la classe politique du pays est en pleine ébullition à l’approche de l’élection présidentielle de juin 2014, la première qui se déroulera dans le pays au suffrage universel direct. L’actuel Premier ministre Recep Tayyip Erdogan devrait être candidat à un poste dont les prérogatives ont très largement été étendues par la nouvelle Constitution. La perspective de son élection ne ravit guère l’opposition, notamment kemaliste, qui entend empêcher que l’AKP, le parti islamo-conservateur d’Erdogan, puisse encore plus imprimer sa marque sur la société turque à la faveur de ce scrutin.

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