Qatar : nuages sur l’émirat

Accusations récurrentes de corruption et d’achats de voix pour l’obtention de l’organisation de la Coupe du monde de football de 2022 et révélations médiatiques à propos du sort pénible des travailleurs étrangers à bas revenus (notamment népalais) : malgré une sérénité de façade, les plus hautes autorités qataries s’inquiètent des conséquences possibles des ces mises en cause largement relayées par les médias occidentaux. « Le soft power du Qatar, bâti notamment autour du sport, de la culture et de l’art, mais aussi de l’activisme politique en faveur de l’opposition syrienne, est en train de s’éroder », reconnaît un officiel pour qui l’urgence consiste à « empêcher que ne soit remise en question l’organisation du mondial ». L’émirat, dont le produit intérieur brut (PIB) devrait bientôt dépasser les 200 milliards de dollars, se préparerait ainsi à communiquer en 2014 sur l’amélioration des conditions de travail et d’hébergement de la main-d’oeuvre étrangère en provenance du sous-continent indien.

Une initiative qui rassurera le monde des affaires inquiet de voir disparaître un chantier estimé à plus de 100 milliards de dollars. Stades, hôtels et immeubles, nouvelles infrastructures de transport, usine de dessalement d’eau : pour le Qatar, l’organisation du Mondial est effectivement l’occasion d’un gigantesque plan de développement national. Un véritable gâteau qui attire les convoitises des entreprises du monde entier. Reste une incertitude de taille : tout le monde attend les résultats des investigations de Michael Garcia à propos des conditions d’attribution de la Coupe 2022 au petit émirat (mais aussi de celui de 2018 à la Russie). Mandaté par la Fédération internationale de football (Fifa), le super-enquêteur américain il a été procureur fédéral pour le district sud de New York et vice-président d’Interpol se dit déterminé à « faire la lumière sur toutes ces affaires ».

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