Hôtellerie : de nouveaux projets dans le haut de gamme

Hôtellerie : de nouveaux projets dans le haut de gamme

Plusieurs grands établissements de luxe vont ouvrir. En parallèle, il s’agit, pour les autorités, d’assainir le secteur.

Plateau Joss, Douala. Non loin des méandres de l’échangeur qui relie la zone portuaire au reste de la ville se dresse l’immense chantier du futur hôtel Djeuga Palace. C’est un projet de l’homme d’affaires Jean Claude Feutheu, déjà promoteur de deux hôtels de luxe dans la capitale politique, Yaoundé. En lançant ainsi la construction du premier cinq-étoiles de Douala, ce magnat qui a essentiellement prospéré dans les loisirs est emblématique de la percée d’opérateurs privés nationaux dans le segment du tourisme d’affaires. Un secteur haut de gamme où, jadis, seul l’État et quelques grands groupes internationaux intervenaient. Mais ce n’est pas le seul projet en cours puisque dans cette même zone au coeur de la ville, d’autres chaînes réputées entendent elles aussi s’installer et donner un coup de neuf à l’offre d’hébergement de luxe, jusque-là assuré par quelques quatre-étoiles trentenaires de Bonanjo.

Dans ce registre, on peut citer le chantier, déjà très avancé, du milliardaire sénégalais Yérim Sow de construction d’un cinq-étoiles de 180 chambres dans le centre-ville de Douala. Pour ce projet, le patron de Teyliom s’est associé avec Lionel Fofé, le patron camerounais de la société civile immobilière Faris, ce dernier contribuant à hauteur de 6 milliards de francs CFA pour un investissement total de 15 milliards. Pour cela, les deux hommes ont créé Chain Hôtel Cameroun, filiale de la holding genevois Chain Hotels & Resorts. Dans la même gamme, le projet à l’architecture futuriste de la chaîne Hilton prévoit 200 à 230 chambres, ainsi qu’une série de commodités pour la détente et les conférences. Enfin, il faut citer aussi le projet d’implantation de la chaîne Marriott (hôtel cinq étoiles de 200 chambres, pour un coût de 20 milliards de francs CFA), annoncé depuis près de sept ans et qui tarde à démarrer.

Au-delà du développement de cette offre haut de gamme, les chantiers de construction de petits hôtels se multiplient. Une dizaine d’établissements de catégorie modeste naissent ainsi à Douala chaque année, et contribuent à répondre à une demande en hébergement sans cesse croissante. « Mais la qualité n’est pas toujours au rendezvous », déplore toutefois un cadre du ministère du Tourisme et des Loisirs. Dans la région, selon des estimations officielles très prudentes, on dénombrerait 292 établissements clandestins dans le secteur de l’hébergement, 130 dans la restauration, 95 dans les loisirs et une vingtaine d’agences de voyages opérant en dehors de toute légalité.

Face à cette situation, les autorités ont choisi la fermeté : fermer les hôtels et autres établissements de tourisme illégaux, et cela jusqu’à ce qu’ils se conforment aux règlements et aux normes. Pour Elise Mbomba Atangana, conseiller technique au ministère du Tourisme et des Loisirs et chargée de cette opération de mise en conformité, « les établissements qui ne sont pas autorisés seront identifiés et sanctionnés. On ne saurait tolérer indéfiniment l’existence des établissements clandestins ». Reste que la tâche est difficile à accomplir car certains lieux d’hébergement, situés dans des recoins inattendus de la ville, ne sont pas faciles à repérer. Malgré cela, l’administration semble déterminée à faire le ménage. Fin 2012, une opération d’envergure a ainsi été lancée par l’administration. Plusieurs dizaines d’hôtels, cabarets et restaurants ont été alors fermés et leurs promoteurs punis de lourdes amendes. Et certains hôtels réputés y ont même perdu des étoiles.

 

Déjà Membre ?

Email : Mot de passe :