4 questions à Pierre Moifo : « Il existe un besoin d'une offre de qualité »

4 questions à Pierre Moifo : « Il existe un besoin d'une offre de qualité »

AMB : Directeur général du Haletons puis du Mont-Fébé à Yaoundé, et aujourd’hui du Sawa, quel est votre avis sur l’activité touristique à Douala ?

Depuis quatre ou cinq ans, on a constaté un boom du secteur dans le pays. C’est essentiellement un tourisme d’affaires, composé de businessmen qui participent à des grandes conférences. C’est une activité qui reste faible, comparée à celle des grandes destinations touristiques en Afrique. Les infrastructures d’une façon générale ne sont pas encore au niveau de la demande internationale. Il faudrait booster les investissements. Depuis deux ans, on note sur le marché de Douala une progression de 5 % en moyenne par an, en taux d’occupation comme en chiffre d’affaires. Mais elle ne profite pas à tous les acteurs. Il existe une offre périphérique composée de petits hôtels qui se créent à un rythme effréné, lancés par des opérateurs locaux qui ne sont pas armés ni encadrés et investissent dans des hôtels sans se poser la question de leur rentabilité. Alors qu’il existe un besoin à Douala d’une offre de qualité pour une clientèle de haut niveau. Et elle n’est pas satisfaite.

Le Cameroun abrite pas moins d’une vingtaine d’hôtels d’État, gérés par la Société nationale d’investissement (SNI), dont le Sawa. Où en sont les projets de mise en exploitation par des chaînes privées ?

L’expérience que nous avons vécue avec les chaînes qui ont géré nos hôtels par le passé s’est révélée négative. Le gouvernement a repris les choses en mains. Puis la récession mondiale a frappé de plein fouet le Cameroun, et du coup, ces établissements ne pouvaient plus véritablement s’en sortir. Aujourd’hui, ils commencent à sortir la tête de l’eau. Certains font des bénéfices. C’est le cas du Sawa, du Mont-Fébé. À mon sens, le gouvernement aurait intérêt à mettre en place une véritable politique de développement de ces hôtels.

L’État n’est pas un professionnel de l’hôtellerie…

Peut-être, mais je pense qu’il faudrait trouver un partenaire sérieux, local ou international, en mesure de porter ce projet-là. Car il ne s’agit plus de faire venir des chaînes internationales qui s’en mettent plein les poches et repartent en nous laissant des coquilles vides. Aujourd’hui, si on était en face d’un partenaire désireux de nous accompagner sur le plan managérial, comme sur le plan fi nancier, ça pourrait être une bonne formule.

Seul hôtel d’État à Douala, le Sawa accueille les fonctionnaires en priorité, ce qui est un avantage. Comment vous situez-vous par rapport à la concurrence ?

Au-delà du fait que nous sommes l’adresse privilégiée pour les séminaires et les séjours des fonctionnaires de l’État, nous sommes surtout situés à Bonanjo, le quartier des affaires. Une position idéale. Le Sawa est un gros-porteur, avec 300 chambres. Aucun hôtel n’en possède autant dans tout le pays. Le gouvernement ne peut pas laisser un bateau comme le nôtre à la dérive. C’est pourquoi l’État, à travers la SNI, notre actionnaire majoritaire, a lancé il y a quatre ans un programme d’investissement de 4 milliards de francs CFA qui permet de faire remonter le Sawa à un niveau international. Vous sentirez véritablement un changement d’ici à un an, dix-huit mois au maximum.

Directeur général de l’hôtel Sawa

Déjà Membre ?

Email : Mot de passe :