3 questions à Gilles Tchangoum : « Un déficit de 1,3 million de logements au Cameroun »

AMB : La ville de Douala fait face à une grave crise du logement. Quelle est l’ampleur du problème ? Quelles en sont les causes, et comment y faire face ?

Douala est le poumon économique du pays et de la sousrégion. Cette ville attire de plus en plus d’entreprises et d’investisseurs et plus de 80 % des implantations au Cameroun de nouvelles sociétés de plus de dix personnes s’y effectuent. La cité attire aussi des professionnels, en particuliers les cadres locaux et expatriés ainsi que de jeunes diplômés parfois issus de la diaspora. Tout cela représente une part significative de la demande de logements de moyen et de grand standing. Il y a aussi, en parallèle, une forte demande dans le secteur du logement social, que ce soit pour la location ou pour l’acquisition, ceci étant la conséquence de la tension démographique qui résulte de l’afflux de populations d’origine et de profil très variés. Des récentes études indiquent un déficit de 1,3 million de logements au Cameroun, dont 40 % dans la seule ville de Douala. Il faut donc très rapidement accroître, significativement le parc de logements tout en évitant les solutions de type « marchands de sommeil ».

Quelles solutions apporte Centriq Real Estate pour faire face à la pénurie de logement ? Quel est le bilan de votre implantation ?

Centriq a choisi, pour les logements privés, de privilégier une offre basée sur des prestations et une qualité de finition exceptionnelles. En ce qui concerne le logement social, nous avons signé en 2012 un protocole d’entente ou mémorandum of understanding avec le ministère de l’Habitat et du Développement urbain, pour la réalisation dans les cinq prochaines années de 10 000 logements sociaux avec une phase pilote de 400 logements sur le site d’Olembé à Yaoundé. Centriq propose une technologie canadienne qui permet de construire, en un temps record, des bâtiments en béton armé présentant des performances structurelles et énergétiques supérieures. Nous avons par exemple construit en quatorze jours sur le site d’Odza, à Yaoundé, une maison témoin de 70 m2 entièrement équipée. Pour notre programme La Pléiade de Douala Yassa, nous allons réaliser la première phase de 25 villas de standing clés en main en un trimestre et demi. C’est donc un bilan plutôt positif depuis notre implantation…

On assiste à une croissance du secteur de la construction, mais aussi à l’effondrement d’immeubles récents. À qui la faute ? Aux promoteurs immobiliers ? Aux autorités administratives ?

Pour commencer, le cadre législatif est très précis aussi bien en termes de normes que de contrôles à effectuer sur les immeubles en construction. Seulement, certains entrepreneurs ne jouent pas leur rôle et certains promoteurs font malheureusement le choix d’économies de bouts de chandelle qui mettent en danger les populations. Centriq a décidé de garder en interne toutes les compétences nécessaires à la réalisation de structures en béton armé. Notre équipe canadienne d’encadrement pour la construction jouit d’une expérience et d’une expertise avérées de plus de vingt-six années. Enfin, pour plus de transparence, nous avons choisi d’utiliser deux bureaux de contrôle indépendants, l’un étant local, l’autre étant canadien. Ce dernier intervient en amont, lors de la conception et de l’étude technique tandis que le premier effectue le suivi des travaux sur le terrain, tout cela en conformité avec les exigences de la loi. Notre agrément de promoteur immobilier, ainsi que l’accord signé avec le gouvernement du Cameroun, exigent que nous mettions en place tous ces dispositifs de contrôles.

PDG de Centriq Real Estate

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