Protais Ayangma Amang : « Douala doit développer de nouveaux services »

Protais Ayangma Amang : « Douala doit développer de nouveaux services »

AM B : Douala est-elle une place attractive et pourquoi ?

La ville a une position stratégique au bord du golfe de Guinée et elle est effectivement la principale porte d’entrée et le premier centre économique du Cameroun. Elle est considérée comme le principal foyer industriel de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale [Cemac], représentant près de 65 % du produit intérieur brut national et 27,5 % du PIB sous-régional. Ajoutez à cela le fait que Douala concentre en son sein une population jeune, multiculturelle, dynamique et qualifiée. C’est une condition indispensable pour le développement des entreprises. Un autre de ses atouts est qu’elle dispose également d’un tissu industriel diversifié en expansion qui s’appuie sur un vrai réseau de soustraitance. En outre, Douala a un caractère incontournable en matière d’activités économiques car elle concentre 66 % des entreprises du pays toutes tailles confondues et 60 % des PME. La ville est donc un centre décisionnel important et elle abrite la plupart des sièges sociaux des grandes firmes nationales et multinationales y compris les entreprises publiques et parapubliques du Cameroun.

C’est une donc une véritable place forte que rien ne menace ?

Non. Douala doit faire face à la concurrence des autres villes d’Afrique de l’Ouest et du centre. De plus, il faut savoir que la ville a subi très directement les effets négatifs à la fois de la fin de la croissance du milieu des années 1980 et de l’application des mesures d’ajustement structurel des années 1990. Les contraintes de son développement portuaire ou encore les dysfonctionnements et même l’insuffisance des infrastructures et des services urbains montrent que la ville est aujourd’hui à une étape charnière de son développement économique. La ville semble perdre la bataille de l’aménagement du territoire. Elle devra développer de nouveaux services et de nouvelles stratégies si elle veut demeurer attractive et tenir son rang dans la compétitivité sous-régionale.

Quel domaine d’activité vous paraît être en expansion et capable d’attirer des investisseurs ?

La ville de Douala est très portée sur le secteur du tertiaire avec les commerces et des services. La mise en place de la fibre optique favorise l’émergence de nombre de PME de l’Internet, notamment des fournisseurs d’accès. Le plan d’urbanisation présenté en avril 2012 devrait donner à Douala un nouveau souffle. C’est un projet qui est soutenu par la Banque africaine de développement et l’Agence française de développement. Parmi ses éléments les plus importants on peut citer : l’aménagement des zones logistiques autour du port et de l’aéroport, le Central Business District sur le plateau Joss, l’extension des périphériques et le renforcement de sept centres secondaires. Le plan directeur de l’urbanisme comporte aussi des investissements structurants tels un palais des congrès, un palais de la culture, des marchés et des gares routières. La mise en oeuvre de ce plan peut intéresser au plus haut point d’éventuels investisseurs.

Quel est le souci principal des entrepreneurs camerounais de la place ?

Le principal problème des entreprises réside dans les retards de règlement des factures. Certes, un texte de loi sur la sous-traitance va bientôt fixer les délais de paiement à soixante jours, mais nous estimons que cela ne protège pas structurellement la PME camerounaise face aux grands donneurs d’ordre. Nous pensons donc que trente jours constituent un délai raisonnable et équitable. Ce point fera d’ailleurs l’objet d’une journée de réflexion dans le cadre du Forum international de la PME (PMExchange 2013), qui se tiendra du 30 novembre au 7 décembre à la Maison du parti de Bonanjo, à Douala.

Président du mouvement patronal Entreprises du Cameroun (Ecam) et Directeur général de Colina Cameroun

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