Mots et Tendances AMB N°3

MOOC : Massive open online course

MASSIVE OPEN ONLINE COURSE, soit « cours en ligne ouvert et massif » (Clom). Dans les pays développés, le monde universitaire est affolé par cet acronyme. Partout, y compris dans les grandes écoles, il n’est question que d’enseignement mis en ligne gratuitement avec parfois, comme c’est par exemple le cas pour la prestigieuse Stanford, 100 000 étudiants réunis en même temps pour un seul cours. Pour les États confrontés à des difficultés budgétaires, les Mooc présentent un intérêt indéniable puisque, demain, cela pourrait les dispenser de construire de grandes universités. Pour les étudiants, surtout ceux qui n’arrivent pas à s’inscrire, faute de place, de moyens ou de visa, l’opportunité est évidente. Néanmoins, il faut encore faire la preuve qu’un cours suivi en ligne possède une valeur éducative au moins égale aux enseignements donnés dans un amphithéâtre.

Quant aux professeurs, ils peuvent apprécier le fait de ne plus avoir à subir les retardataires ou les chahuts, mais, à y regarder de près, une généralisation des cours à distance pourrait bien conduire à la diminution de leur nombre (ce qui serait, là aussi, une bonne nouvelle pour les finances publiques). Reste enfin la question des établissements payants, à l’image des écoles de commerce. À long terme, on se demande si la gratuité des cours en ligne n’aboutira pas à déprécier les enseignements fort onéreux qui constituent la raison d’être de ces établissements.

PPP : Partenariat public-privé

Il n’est pas une seule rencontre économique d’envergure, en Afrique ou ailleurs, où il n’est pas fait mention des PPP. Ces derniers sont ainsi présentés comme étant la solution incontournable pour assurer la construction d’infrastructures en tenant compte de la limitation des moyens financiers des États. Souvent qualifiés de partenariats win-win (« gagnantgagnant »), ces outils novateurs méritent tout de même deux réserves de taille. La première est qu’il encore tôt pour juger de leur efficacité. Qu’il s’agisse de stades, d’hôpitaux ou d’autoroutes, des pays comme la France ou la Grande-Bretagne n’ont pas vraiment fait la preuve de la rentabilité à long terme de ces associations.

La seconde concerne surtout les pays en voie de développement. L’idée d’un PPP peut paraître séduisante pour un pays pauvre, mais il faut avoir en tête que cela n’aura de pertinence que si l’État concerné est capable de négocier au mieux les termes du partenariat. Plus important encore, ce même gouvernement doit aussi avoir les compétences humaines et les législations nécessaires pour s’assurer de la bonne exécution du contrat par l’opérateur privé. À ce sujet, l’une des pistes à explorer consiste à organiser de manière régulière des forums de concertation et d’échange d’expériences réservés aux institutions publiques impliquées dans un PPP. Une solution que les pays européens expérimentent déjà.

NBIC : Nanotechnologies, biologie, informatique et sciences cognitives

Pour certains, la convergence de ces quatre disciplines relève encore de la science-fiction. Pour d’autres, c’est un marché très prometteur dont le potentiel dépasserait les 1 000 milliards de dollars d’ici à la fin du siècle. L’idée de base est de développer des activités de recherche susceptibles de repousser les limites de l’espérance de vie. Une ambition influencée par le transhumanisme, un courant de pensée qui a le vent en poupe aux États-Unis et qui vise à transcender l’homme et les limites que lui impose la nature (notamment les effets de la vieillesse), en se servant des technologies. Et, à la différence de l’industrie pharmaceutique, les promoteurs de cette approche philosophico-économique affirment s’inscrire dans le long terme et refuser toute logique de rentabilité immédiate.

En septembre dernier, le courant d’affaires rassemblé autour des NBIC a d’ailleurs reçu un allié de poids avec l’annonce du rachat par Google de Calico, une petite start-up dont l’ambition proclamée est de s’attaquer « au défi de l’âge et des maladies associées ». « Google s’attaque à la mort », a titré pour sa part le magazine Time, pour qui les perspectives de ce business sont à prendre au sérieux pour tout investisseur qui se respecte. Après la micro-informatique, le génie logiciel, Internet et les biotechnologies, la Silicon Valley investit donc un nouveau domaine qui, comme ses prédécesseurs à leurs débuts, reste peu connu du grand public en attendant de connaître, lui aussi, une foudroyante percée boursière.

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