Maputo à l’heure du choix

Mozambique De récentes découvertes de charbon et de gaz ont provoqué un boom économique sans précédent et porteur de tous les espoirs. Une exploitation maîtrisée de cette manne est encore possible.

Une foule affairée déambule dans les rues. Un ballet de mobylettes, voitures et camions l’accompagne d’un concert de klaxons. Une ribambelle de banques et de commerces affichent leurs enseignes pimpantes sur des édifices flambant neufs. Malgré la chaleur écrasante, une frénésie semble animer la petite ville de Tete. Nous sommes pourtant en pleine savane, à 1 500 km par la route au nord de Maputo, la capitale du Mozambique, ancien comptoir colonial portugais d’Afrique australe. Plus près du Malawi,de la Zambie et du Zimbabwe que de l’administration centrale mozambicaine, à la tête d’un État qui s’étire sur environ 2 800 km le long de l’océan Indien. Il y a moins de cinq ans, Tete avait tout de la bourgade de province tranquille. Traversée par le fleuve Zambèze, elle vivotait de l’agriculture et de l’élevage. Mais récemment la belle endormie a été réveillée par le charbon et depuis elle ne cesse de se transformer.

« Avant, seuls deux vols par semaine reliaient Maputo à Tete, aujourd’hui on en compte plus de quinze et il existe même un vol direct quotidien en provenance de Johannesburg », raconte un jeune ingénieur mozambicain dans la salle d’attente de l’aéroport de Tete. Vieillotte, celle-ci semble avoir été dépassée par ce soudain bouleversement, ce qui ne l’empêche pas d’accueillir un flot incessant de voyageurs, nationaux comme étrangers, sud-africains, chinois, portugais ou encore américains. « Quand j’étais à la recherche d’un emploi il y a un an et demi, j’ai reçu plusieurs offres, mais la plus intéressante était ici, reprend le jeune homme. J’ai donc quitté Maputo et ma famille pour venir travailler dans la mine exploitée par Vale. » Ce genre d’histoires est monnaie courante depuis la découverte d’importantes réserves de charbon dans la région et l’arrivée des géants internationaux du secteur le brésilien Vale, l’anglo-australien Rio Tinto et l’indien Jindal. La province de Tete, autrefois oubliée, est devenue l’un des moteurs du développement du pays, qui a enregistré un impressionnant 7 % de taux de croissance de son produit intérieur brut (PIB) en 2013.

Et pour cause, l’étendue des ressources du Mozambique a de quoi donner le tournis. Un stock de plus de 20 milliards de tonnes de charbon a été identifié dans le secteur de Moatize, à une vingtaine de kilomètres de Tete. Il s’agit d’une des plus grandes réserves au monde, qui pourrait bien faire de Maputo le premier exportateur mondial de cette matière première dans les dix prochaines années. Arrivé dans la région en 2008, Vale a investi 2 milliards de dollars pour développer une mine à ciel ouvert dernière génération et toutes les infrastructures associées : construction de logements pour ses salariés, réhabilitation de la route entre Tete et Moatize, rénovation du chemin de fer entre la mine et le port de Beira, environ 600 km plus à l’est. Aujourd’hui, la mine produit environ 6 millions de tonnes de charbon par an sur un potentiel estimé entre 20 et 50 millions et elle doit stocker une partie de sa production en raison de difficultés d’acheminement dues à la vétusté de la voie ferrée.

UN PROJET D’ENVERGURE INTERNATIONALE

Alors, sans ciller, Vale a lancé une deuxième phase d’investissement : 2 milliards de dollars supplémentaires pour réaliser une seconde mine et 4,5 autres milliards pour créer une nouvelle ligne ferroviaire de 912 km entre Moatize et le port de Nacala, dans le nord du Mozambique, en passant par le Malawi. « Il s’agit du plus gros investissement de notre entreprise en dehors du Brésil, et c’est un projet d’envergure internationale tant par le volume de production que par la qualité du charbon », souligne Ricardo Saad, le directeur de Vale pour l’Afrique, l’Asie et l’Australie, depuis les bureaux modernes du groupe à Maputo. Sans oublier que la position géographique du pays, près du marché asiatique et de ses deux ogres chinois et indien, est un autre atout considérable. Pour preuve, Vale est loin d’être le seul investisseur étranger sur place. Rio Tinto exploite lui aussi une mine à Moatize, tout près de celle de Vale, et le groupe indien Jindal vient de s’implanter dans la région avec l’objectif d’exporter près de 10 millions de tonnes de minerai par an.

Mais ce n’est pas tout puisque la même effervescence se retrouve dans tout le nord du pays. Les Portugais l’avaient bien identifié sans avoir réussi à en profiter : le Mozambique est un paradis énergétique. Au charbon s’ajoutent en effet de considérables ressources hydrauliques et une grande diversité minière avec du titane, de l’or, des pierres précieuses… Surtout, le pays dispose de l’une des cinq réserves de gaz naturel les plus importantes au monde, d’environ 3 600 milliards de mètres cubes, dont la plus grande partie se trouve en mer, dans le bassin du Rovuma. Ces trois dernières années, le groupe pétrolier italien ENI et l’américain Anadarko y ont réalisé des découvertes très prometteuses, annonçant des investissements colossaux pour exploiter le gisement à l’horizon 2018. « Ce projet va changer la vie d’ENI », a commenté Paolo Scaroni, le PDG de la major italienne, à propos de la concession de Mamba, dans le bassin du Rovuma, où le groupe a identifié une réserve d’au moins 850 milliards de mètres cubes. Résultat, près de 50 milliards de dollars devraient être dépensés dans la prochaine décennie afin de construire au moins cinq trains de liquéfaction du gaz naturel.

Depuis, c’est la ruée vers le nouvel eldorado qu’est devenu le Mozambique. En août dernier, l’indien ONGC Videsh a ainsi déboursé 2,6 milliards de dollars pour obtenir une participation de 10 % dans le champ gazier d’Anadarko. Les majors européennes, dont BP, Shell et Total, ont d’ores et déjà manifesté leur intérêt et sont à la manoeuvre. « Depuis trois ans et demi, j’ai vu évoluer le pays de façon importante et, nousmêmes, nous suivons cette tendance », confie Régis de Oliveira, de Bolloré Africa Logistics, filiale du groupe français spécialisée dans la logistique et le transport de marchandises. Le groupe, qui a commencé avec 230 employés et un siège unique à Beira, compte aujourd’hui 1 000 collaborateurs, deux sociétés distinctes et huit agences régionales. Parmi ses réalisations, le réaménagement du petit port de Pemba en un terminal flottant entièrement dédié aux futures activités pétrolières et gazières du nord du pays, qui a nécessité un investissement de 15 millions de dollars. Un flot de Portugais, fuyant la crise européenne, a aussi fait son apparition dans le pays. En parallèle, la capitale Maputo a entamé une mutation : la « baixa », la partie basse de la ville, se peuple de tours de verre, de restaurants et de cafés, le port est en pleine expansion et une deux fois deux-voies circulaire devant désengorger le centre-ville est en construction. « Maputo est méconnaissable, la ville revit, s’enthousiasme une Mozambicaine d’une quarantaine d’années à la terrasse d’un restaurant. Avant il était impossible de sortir, se promener ou prendre un café. »

UNE ÉVOLUTION À PEINE CROYABLE

Cette euphorie énergétique a totalement modifié l’image du Mozambique sur la scène internationale. De pays vivant sous perfusion, il est devenu un terrain d’investissements convoité, aux perspectives de développement plus qu’alléchantes. Une évolution à peine croyable. À son indépendance le 25 juin 1975, le pays est dirigé par le Front de libération du Mozambique (Frelimo), qui a mené le combat contre les colons portugais. Son chef, Samora Machel, en devient le premier président. En pleine période de guerre froide, il met en oeuvre un programme marxiste dans la lignée de celui de l’URSS, procédant à des nationalisations et lançant une réforme agraire. Les politiques sociales sont bien accueillies par la population mais les conséquences sur l’économie sont désastreuses.

Un mouvement d’opposition naît, la Résistance nationale du Mozambique (Renamo), et mène une guérilla contre le pouvoir. C’est le début de quinze années d’une guerre civile dévastatrice entre un Frelimo communiste, soutenu par ses camarades voisins de l’Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF) au Zimbabwe et de l’ANC en Afrique du Sud, et une Renamo en rébellion, encouragée par les élites blanches et libérales au pouvoir dans ces deux pays voisins. Le conflit fait un million de morts et détruit une grande partie des infrastructures. En 1992, un accord de paix met fin aux combats et instaure la démocratie. Joaquim Chissano est élu président, mais il a devant lui un pays exsangue. Ce dernier ne survit que grâce à l’aide internationale, qui représente plus de 50 % du budget de l’État. Et il figure parmi les plus pauvres du monde, avec une situation sanitaire dégradée et une pauvreté rampante.

Aujourd’hui, les difficultés sociales perdurent malgré la bonne santé de l’économie mozambicaine. Certes, le pays a affiché un taux de croissance annuel moyen de son PIB de 7,3 % sur la dernière décennie. Et le Fonds monétaire international (FMI) prévoit encore une hausse de 8,5 % pour 2014. « Toutes les projections montrent que dans les dix prochaines années le Mozambique va passer du stade de pays en développement à celui de pays développé, toutes les conditions sont réunies », veut croire Ricardo Saad. Sauf que, sur le plan social, les carences sont énormes. Près de 54 % de la population du pays vit audessous du seuil de pauvreté, 48 % est analphabète et environ 80 % dépend de l’agriculture pour assurer sa survie.

L’espérance de vie n’est que de 52 ans et le taux de mortalité infantile reste élevé, à 63 pour ‰. Enfin, 30 % du budget de l’État est encore financé par l’aide internationale via le G19, un groupe de 19 institutions et pays donateurs parmi lesquels figurent les États scandinaves, le Canada, le Portugal, la France et l’Union européenne. Un chiffre suffit à résumer la situation : le Mozambique occupe la 185e place sur 187 dans le classement de l’indice de développement humain (IDH) élaboré par les Nations unies, devançant seulement la République démocratique du Congo et le Niger. « Avec mon salaire de 4 000 meticais mensuels [soit 132 dollars environ], je réussis à nourrir ma famille pendant vingt jours seulement. Il faut payer l’eau, les transports, l’école des enfants, c’est dur », confie Domingos, qui travaille comme agent de sécurité dans le centre-ville de Maputo. « Et encore, il y a beaucoup de personnes qui n’ont pas de travail et survivent grâce au secteur informel, ajoute, amer, le salarié de 44 ans. À l’école, mes enfants s’assoient sur le sol car il n’y a pas de banc. Pourtant, nous ne manquons pas de ressources… » Alors, ce qui se passe à Tete et à Pemba, chacun l’espère maintenant pour le pays tout entier.

ÉLIMINER LA PAUVRETÉ

Et c’est ce que promet le Frelimo au pouvoir, dirigé depuis 2004 par Armando Guebuza. Réélu président de la République en 2009, le successeur de Joaquim Chissano devra laisser sa place lors du prochain scrutin en octobre 2014, comme le prévoit la Constitution. Mais son parti devrait se maintenir au pouvoir, fort de son engagement d’utiliser la manne énergétique pour éliminer la pauvreté. « La découverte de ressources naturelles est une bonne nouvelle pour le Mozambique mais elles seules ne suffiront pas à résoudre les problèmes de notre pays, affirme Damião José, le porte-parole du Frelimo. Le gouvernement va donc continuer à investir toujours plus dans l’éducation, la santé et les infrastructures, en ville comme en zone rurale. Car il nous faut aussi développer les ressources humaines. »

Un beau discours, bien loin de la réalité pour son opposant historique la Renamo. « Il y a un déficit entre ce qui est extrait du territoire mozambicain et ce qui est investi en retour, avance le représentant de l’ancienne guérilla, Fernando Mazanga. Le gouvernement négocie les contrats sur les grands projets avec les entreprises étrangères en fonction des intérêts de certaines personnes et non du pays. Ce manque de transparence fait que la richesse ne profite qu’à un groupe, la majorité de la population étant exclue ou simple spectatrice de l’essor économique. » Toute une partie du monde universitaire dresse le même constat, dont Carlos Castel-Branco, l’un des économistes mozambicains les plus réputés, actuellement professeur à l’université de Londres et directeur de l’Institut des études sociales et économiques de Maputo. « Selon la dernière étude menée, quand la croissance économique s’accélère, sa capacité à réduire la pauvreté diminue et tend vers zéro.

Cela s’est traduit par une hausse du nombre de personnes pauvres au même rythme que l’augmentation globale de la population », déplore l’universitaire. Conséquence, la population doute de la volonté du pouvoir de redistribuer les richesses. « On a du mal à savoir si les dirigeants veulent servir le peuple ou leurs propres intérêts, mais on a plutôt l’impression qu’ils travaillent pour eux », confie l’un des jeunes serveurs mozambicains du restaurant de l’aéroport de Tete, tenu par un Portugais. Et la personnalité du président Guebuza ne fait qu’empirer les choses. Ancien général reconverti en homme d’affaires, le chef de l’État est à la tête d’un véritable empire. Surnommé « Guebusiness », il détient des sociétés dans des domaines aussi divers que la construction, le tourisme, les médias ou encore les activités portuaires et logistiques. Il est présent dans chaque grand projet gouvernemental lancé.

« S’il ne possède pas l’entreprise lui-même, il la contrôle via des participations ou c’est un membre de sa famille, comme sa fille Valentina, ou de son entourage qui est impliqué », détaille un journaliste mozambicain bon connaisseur du secteur économique. « Il y a de moins en moins de transparence, de plus en plus de corruption et une frontière toujours plus floue entre le privé et le public », constate Fernando Gonçalves, l’éditeur de l’hebdomadaire indépendant Savana. Et le journaliste de citer le dernier exemple en date qui a créé une polémique, après l’achat par Maputo de trente bateaux pour un montant de 200 millions d’euros aux Constructions mécaniques de Normandie (CMN) en France : pour honorer la commande, une obscure société publique, d’abord présentée comme étant privée, a contracté une dette en obligations de 630 millions d’euros, soit plus du double de la somme nécessaire, sans expliquer à quoi allait servir le reste de l’argent…

Le Mozambique se trouve à la croisée des chemins. Il a toutes les clés en main et doit choisir son mode de développement. « Entre la Norvège et le Nigeria, qu’est-ce que le pays va choisir ? » résume trivialement Alves Gomes, un ancien journaliste aujourd’hui chroniqueur politique. « En l’état actuel des choses, il semble suivre les traces du Nigeria ou de l’Angola, et tout indique que les découvertes énergétiques vont provoquer un drame, se désole-t-il. Le boom auquel on assiste est factice et il aura pour conséquence une aggravation des attentes sociales qui pourrait provoquer une explosion. » Ce que craint Alves Gomes, c’est de voir Maputo basculer dans une mono-économie centrée sur les ressources naturelles et ne vivant que de leur exportation, au détriment de tout autre secteur productif. Un mal africain bien connu et appelé « maladie hollandaise », qui touche nombre de pays pétroliers dont le Nigeria, l’Angola ou encore l’Algérie.

Avec des conséquences locales désastreuses : à Tete, l’arrivée du charbon a apporté des nouvelles infrastructures et des emplois mais aussi une vague d’expatriés qui ont fait grimper les prix de l’immobilier et de la nourriture, rendant la vie quotidienne des habitants ne travaillant pas à la mine plus difficile. « L’enjeu est de savoir si le Mozambique sera capable de s’adapter à la mutation en marche, alors même que celle-ci est violente, notamment pour les personnes les plus modestes, analyse un diplomate en poste à Maputo. C’est le défi lancé aux autorités mozambicaines. Selon elles, le choix est fait et il doit conduire à un développement inclusif. »

UN MOMENT CRUCIAL

Cet optimisme est nourri par la capacité de Maputo à garder la tête froide. D’abord, l’exécutif a bien pris conscience de la fragilité du récent essor économique : les violences politiques de l’année 2013 opposant de nouveau la Renamo et le Frelimo ainsi qu’une série de rapts aux motifs pécuniaires ont refroidi certains investisseurs et entraîné des manques à gagner pour bon nombre de sociétés, étrangères comme mozambicaines. Rio Tinto a ainsi rapatrié les familles de ses salariés alors que des escarmouches ont provoqué la coupure de certaines routes, liaisons vitales entre le sud et le nord du pays. Ensuite, le Mozambique observe avec attention le développement de ses voisins et il a toutes les raisons de tirer les leçons des erreurs commises par d’autres.

À l’inverse du Nigeria et de l’Angola, le pays dispose déjà d’une base agricole (sucre, tabac, coton) et industrielle (hydroélectricité, aluminium) qu’il souhaite voir prospérer. Grâce à ses plages paradisiaques de la côte nord, il a aussi su développer le tourisme. Maputo est même vu par certains opérateurs comme l’une des destinations montantes de ces prochaines années. Tout cela devrait lui permettre d’assurer la diversification de son économie, indispensable au développement des services, des petites et moyennes entreprises et de l’emploi, afin de réduire le chômage et la pauvreté. La politique monétaire en faveur d’un développement du crédit et d’un contrôle strict de l’inflation (autour de 6 % en 2013 selon le FMI après un point bas à 2,2 % en 2012) va également dans le bon sens.

« Le nombre de personnes diplômées est en constante augmentation et le niveau moyen de formation du capital humain au Mozambique est supérieur à celui de l’Angola par exemple, c’est une différence qualitative importante, avance l’économiste João Mosca, enseignant à l’université polytechnique de Maputo. En outre, il existe déjà dans la capitale une classe moyenne dynamique, comptant plusieurs dizaines de milliers de personnes intellectuels, commerçants, personnalités du monde culturel qui gagnent très bien leur vie. Ce n’est pas le cas à Luanda, où l’on ne parle que de nouveaux riches. » Enfin, nombre d’observateurs mettent en avant l’existence d’un monde de l’entreprise dynamique, indépendant du pouvoir et capable de peser sur les politiques économiques menées. Pour beaucoup, le Mozambique est donc à un moment crucial de son histoire, celui où il n’est pas encore trop tard pour bien faire.

OUVERTURE DÉJÀ PLUS DE DEUX MILLIONS DE TOURISTES PAR AN

DES PLAGES SOMPTUEUSES, des espaces naturels préservés, des petites villes pleines de charme. Le Mozambique a tout pour devenir une grande destination touristique en Afrique australe. Et concurrencer ses voisins, à savoir l’Afrique du Sud avec la région du Cap et le parc national Kruger mais aussi le Zimbabwe et la Zambie, qui se partagent les chutes Victoria. Maputo et les quelque 2 800 kilomètres de côtes face à l’océan Indien accueillent déjà chaque année plus de 2 millions de touristes, de l’homme d’affaires en prospection au baroudeur en sac à dos, en passant par des familles. Le secteur contribue au produit intérieur brut (PIB) du pays à hauteur de 6 % et il reçoit en moyenne 600 millions de dollars d’investissements étrangers par an.

UNE RICHESSE NATURELLE

Les ambitions de l’exécutif mozambicain sont considérables dans ce domaine. « L’ objectif est de faire de la zone de Nacala, Mossuril, Matibane, Crusse et Jamali un lieu de référence du tourisme de luxe mondial », a déclaré en août dernier Alberto Nkutumula, le porte-parole du gouvernement. Outre des complexes hôteliers de haut standing, le projet prévoit de construire des marinas, des casinos et des golfs sur 1 750 hectares le long de la côte nord du pays. Cette région abrite des merveilles naturelles : l’île de Mozambique, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, Pemba et ses sites de plongée, la petite ville de Nampula avec son héritage colonial et ses marchés colorés. Cette richesse se poursuit jusque dans le sud du pays avec les plages paradisiaques de Tofu et Zalala, l’archipel de Bazaruto et son « lac des crocodiles », puis la vivante Maputo, ville en pleine mutation.

Sans oublier la réserve naturelle de Niassa (Nord), le parc national Gorongosa (Centre) et la montagne de Manica (Centre) pour voir impalas, hippopotames, éléphants, rhinocéros noirs et flamants roses. Resorts, lodges ou simples bungalows, l’offre est diversifiée mais de plus en plus rudimentaire en allant vers la partie septentrionale du pays. Car on est encore loin du tourisme de masse. La population, très accueillante, ne parle que peu ou pas anglais, et pas toujours portugais une fois hors de la capitale mozambicaine. Les infrastructures, détruites par la guerre civile, sont encore insuffisantes.

UNE DESTINATION CHÈRE

Résultat : « Le Mozambique est une destination chère », notamment l’hébergement et le transport, reconnaît Natalie Terenzer-Silva, qui dirige l’agence Dana Tours à Maputo. Auparavant délivrés lors de l’entrée dans le pays, les visas doivent maintenant être obtenus avant le départ, ce qui complique les démarches des touristes. Une dernière question reste en suspens : comment garantir que le fort développement des activités minières et gazières ne mette pas en péril ce potentiel naturel et touristique ?

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