L’emblématique affaires steinmetz

Cela ressemble à l’un de ces polars américains dans lesquels l’Afrique offre une toile de fond faite de corruption, de dictature et de coups tordus. Depuis plusieurs mois, le monde minier suit avec attention l’âpre bataille autour de Simandou, une montagne guinéenne où se trouve une gigantesque mine de fer inexploitée. Sa valeur ? Plus de 100 milliards de dollars, selon une estimation du Bureau américain de géologie.À ce jour, le gisement est détenu à 50 % par le géant Rio Tinto, l’autre moitié étant partagée entre le brésilien Vale (51 %) et Beny Steinmetz Group Resources (BSGR, 49 %), la société minière de l’homme d’affaires franco-israélien. Schéma classique ? En apparence simplement, car l’histoire de Simandou s’apparente à un véritable feuilleton. À l’origine, c’est Rio Tinto qui en possède la totalité, mais, à la fin des années 1990, le gouvernement du président Lansana Conté décide d’en récupérer la moitié.

En 2008, il la cède à BSGR. En avril 2010, cette dernière réalise un grand coup puisqu’elle vend 51 % de sa part à Vale. Coût de la cession : 2,5 milliards de dollars. « BSGR a acquis les droits de Simandou sans verser de pas-deporte, puis a revendu la moitié de ses droits pour 2,5 milliards de dollars. L’État et le peuple guinéens ont été lésés », déclare à ce sujet au quotidien français Le Monde Daniel Balint-Kurti, de l’association Global Witness. Élu président de la Guinée en novembre 2010, l’ancien opposant Alpha Condé semble être de cet avis. Conseillé par Tony Blair et le milliardaire activiste George Soros, soutenu par une flopée d’avocats, il entreprend une refonte de l’environnement minier notamment en multipliant par trois les royalties dont doivent s’acquitter les compagnies privées et en exigeant que l’État détienne gratuitement 15 % de chaque projet du secteur.

Très vite, BSGR se retrouve dans la ligne de mire des autorités tandis que la justice américaine s’intéresse à la manière dont cette société a obtenu les 50 % de la mine de Simandou. De son côté, Beny Steinmetz affirme faire l’objet d’un règlement de comptes, mais sa position semble des plus précaires depuis que le groupe minier Vale a suspendu ses paiements (il ne lui a versé « que » 500 millions de dollars à BSGR). Suite au prochain épisode… Mais, comme le relève avec pertinence un témoin averti de cette affaire, « finalement, la seule chose qui compte, c’est que la mine de Simandou n’est toujours pas entrée en exploitation ». Alors que son potentiel a été identifié dès le milieu du XXe siècle…

Déjà Membre ?

Email : Mot de passe :