Aluminium Le défi de la transformation

AVEC SES RÉSERVES impressionnantes de bauxite, la Guinée ne pourrait-elle pas aussi envisager de fabriquer de l’aluminium afin de maîtriser toute la chaîne de valeur ? « La question se pose pour une bonne partie de l’Afrique subsaharienne car on pourrait penser qu’un pays voisin de la Guinée pourrait s’approvisionner en bauxite et la transformer en aluminium », acquiesce un ancien cadre de Pechiney. Pour ce dernier, au-delà des problèmes de rentabilité liés à l’existence de surcapacités mondiales de production générées notamment par l’émergence des producteurs du Golfe, c’est la question de la production d’énergie et de son coût qui se pose.

« L’ aluminium, c’est d’abord de l’énergie. Pour l’instant, les traders n’achètent que très peu ou pas d’aluminium en Afrique car sa production n’y est pas encore assez développée alors que le potentiel est réel », explique Frédéric Blanchi, patron de Cofarco et ancien opérateur du London Metal Exchange, la Bourse des métaux de Londres. « Les Chinois lient désormais l’exploitation d’une mine de bauxite à l’installation d’usine d’alumine et de fonderies d’aluminium », relève de son côté Patrick de Schrynmakers, ancien secrétaire général de l’Association européenne de l’aluminium. C’est le cas de l’entreprise Aluminum Corporation of China Limited (Chalco), de plus en plus active sur le continent en particulier et dans les pays émergents en général.

De fait, il existe de petites installations au Ghana, au Burkina Faso et au Nigeria, tandis que le Gabon,le Tchad, le Mali et la RD Congo réfléchissent à des projets concrets. Mais, industrie automobile oblige, c’est l’Afrique du Sud qui est le plus important producteur de métal blanc sur le continent, et les perspectives de développements gazier et charbonnier au Mozambique (lire p. 88) poussent Pretoria à soutenir l’essor d’une industrie de l’aluminium dans ce pays. Enfin, le Cameroun, qui a d’importants projets miniers, fait également partie des premiers acteurs africains. Dans le nord du continent, l’Égypte a su bâtir, par le passé, une petite industrie du métal blanc grâce à une technologie russe, tandis que le Maroc, qui a développé ses secteurs automobile et aéronautique, reste dépendant d’approvisionnements extérieurs.

 

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