L’Indonésie, nouvel eldorado asiatique

L’Indonésie est-elle en passe de devenir la nouvelle terre promise pour investisseurs en mal de perspectives économiques ? Depuis plus de dix ans, cet archipel (17 500 îles) affiche des résultats et des taux de croissance (6,2 % pour 2013, selon les estimations de la banque centrale d’Indonésie) qui, en ces temps de crise, en font rêver plus d’un.

Dernier exemple en date, le groupe L’Oréal, géant français des cosmétiques, a inauguré fin 2012 près de Jakarta sa « plus grande usine du monde », appelée à devenir le « centre de production pour l’Asie du Sud-Est », et destinée à produire 200 millions d’unités. L’Oréal rejoint ainsi les groupes français Alstom, Schneider, Total, Lafarge ou encore Danone, déjà présents dans l’archipel.

Dès l’avènement de la démocratie, le pays a profité d’une stabilité politique inédite. Depuis dix ans, on assiste à une véritable vague d’investisseurs étrangers. Selon le Fonds monétaire international (FMI), les financements étrangers ont encore progressé de 30 % au premier trimestre 2013, soit près de 21 milliards de dollars, essentiellement dans les domaines minier, pharmacologique et électronique. Plusieurs raisons expliquent cet engouement. Tout d’abord l’Indonésie profite d’un formidable marché intérieur, avec une démographie des plus soutenues (la moitié des Indonésiens a moins de 29 ans), une classe moyenne en constante progression, près de 240 millions d’habitants au total, à majorité musulmans, dont 50 millions environ gagnent plus de 4 000 dollars par an.

Ensuite, le pays détient d’importantes ressources minières et agricoles : charbon (premier exportateur mondial), pétrole, gaz, or, cobalt, caoutchouc et huile de palme. Enfin, l’Indonésie bénéficie de la vague de relocalisations des usines depuis la Chine, dont la main-d’oeuvre coûte désormais plus cher que dans l’archipel, ainsi que d’une situation géographique stratégique.

Plusieurs ombres ternissent cependant ce développement économique spectaculaire. Le pays manque d’infrastructures : autoroutes, aéroports et ports. À un point tel que le gouvernement du président actuel, Susilo Bambang Yudhoyono, a décidé d’engager 250 milliards de dollars (plus de 190 milliards d’euros) sur quatre ans d’investissements structurels. Enfin, l’archipel se doit d’être plus vigilant et de lutter efficacement contre la corruption, véritable fléau qui touche toujours en priorité les pays émergents.

 

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