Rajaâ Cherkaoui el-Moursli La tête dans les bosons

LE MAROC aurait pu ne jamais bénéficier de ses talents. En 1982, après des études à Grenoble, Rajaâ Cherkaoui el-Moursli se prépare à entrer au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) français. Mais son père, catégorique, lui interdit de rester en France. « Le Maroc t’a tout donné, c’est ici que tu dois travailler ! », martèle-t-il. Ces paroles marquent la jeune scientifique, spécialisée dans la physique nucléaire et qui devient, en 2013, vice-présidente de l’université Mohammed-V. Deux ans plus tard, elle reçoit le prix L’Oréal-Unesco pour les femmes et la science qui récompense sa participation au projet Atlas, lié à la découverte du boson de Higgs. « Le Maroc a été le premier État africain à intégrer cette collaboration internationale », souligne-t-elle fièrement. Avec une équipe d’une dizaine de scientifiques à Rabat et Oujda, Rajaâ Cherkaoui s’apprête de nouveau, à 62 ans, à représenter son pays dans le cadre du projet international KM3NeT, qui doit construire dans la Méditerranée un télescope à neutrinos pour observer les recoins les plus lointains et obscurs de notre univers…

Déjà Membre ?

Email : Mot de passe :