BURKINAFASO LE COTON OGM VICTIME DU PÉTROLE

LE BURKINA FASO, premier producteur de coton d’Afrique de l’Ouest, n’en finit plus de payer l’adoption, depuis 2008, de la semence développée par l’américain Monsanto (Bt). La promesse de meilleurs rendements et d’économies substantielles avait convaincu les agriculteurs d’investir dans les semences transgéniques beaucoup plus chères que les conventionnelles : 26 000 francs CFA (39,60 euros) le sac de 30 kilogrammes contre 806 francs CFA (1,20 euro). Mise en place progressivement, la culture OGM s’était généralisée jusqu’à représenter 75 % de la production nationale, qui avait atteint un pic à 710 000 tonnes en 2014-2015. Avant d’entamer une descente aux enfers. La conjugaison de mauvaises conditions climatiques et d’une piètre qualité de la fibre transgénique a donné une récolte décevante, qui a été rétrogradée sur le marché mondial et s’est vendue moins cher. En parallèle, la dégringolade du cours du pétrole a entraîné une chute du prix de l’or blanc, réduisant d’autant les revenus des paysans. Comme si cela ne suffisait pas, les stocks mondiaux de coton demeurent élevés, ce qui tire aussi les prix à la baisse. Et, avec le baril de pétrole bas, la fibre synthétique (le polyester), concurrente du coton, devient, elle, très bon marché… En avril, le gouvernement burkinabè a annoncé l’abandon de la culture Bt d’ici à 2018. Une tendance de fond ? Après dix-neuf ans de croissance consécutifs, les cultures OGM ont reculé de 1 % en 2015 dans le monde.

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