FINANCES CAPTER LES MILLIARDS DE LA DIASPORA

LES TRANSFERTS d’argent faits par les 250 millions de migrants dans le monde suscitent des convoitises : de 431 milliards de dollars en 2015, année morose, ils devraient rebondir à 610 milliards en 2016, selon la Banque mondiale. Les envois des Africains, 35,2 milliards de dollars en 2015, représentent environ 2 % du PIB du continent. Dans certains pays, comme le Sénégal et le Lesotho, ils dépassent 10 % du PIB. Cette manne, devenue aussi importante que l’aide au développement, intéresse beaucoup d’acteurs qui se demandent comment la capter. Lancer des emprunts obligataires réservés aux expatriés ? L’Éthiopie, le Rwanda et le Kenya ont essayé, sans grand succès. Créer un service spécial diaspora dans un ministère ? Au moins trente-deux pays l’ont déjà fait mais manquent de personnel et de fonds. Accorder la double nationalité et le droit de vote afin d’inciter à se mobiliser pour son pays d’origine ? Des décisions politiques difficiles à prendre. Pour le moment, l’argent des migrants sert donc essentiellement à la consommation courante et non à des investissements productifs. Les transferts profitent surtout aux agences et aux banques par lesquelles ils transitent, celles-ci prélevant au passage entre 8 à 9 % des montants envoyés en Afrique.

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