INTERNET BOOM À GÉOMÉTRIE VARIABLE

PAS MOINS DE 60 % de la population mondiale est exclue de l’économie numérique, soit 4,3 milliards de personnes, essentiellement en Asie du Sud et en Afrique. C’est le constat dressé par la Banque mondiale dans un rapport publié le 13 janvier et intitulé « Digital Dividends ». Sur les vingt pays les moins connectés du monde, fi gurent cinq nations africaines (voir tableau). Dans les pays en développement, pour chaque personne connectée, trois autres ne le sont pas, voire vingt dans certains cas. Au Cameroun, au Ghana, au Kenya et en Ouganda, plus de trois usagers sur quatre doivent toujours se rendre dans des cybercafés pour surfer avec des services lents et coûteux. L’impact sur l’économie est pourtant réel : les entreprises africaines ayant un accès à Internet réalisent quatre fois plus de ventes que celles qui sont encore à l’ère du papier. Dans l’industrie et les services, la part des sociétés connectées va de 22 % en Tanzanie à 73 % au Kenya, selon une étude de détail menée dans six pays (Ghana, Kenya, RDC, Tanzanie, Ouganda et Zambie). Au Kenya, 41 % des entreprises du secteur tertiaire se servent d’Internet dans leur gestion, contre 12 % en Ouganda et 8 % en RDC. Quant aux pays qui conservent un monopole d’État sur les fournisseurs d’accès, comme Djibouti, l’Érythrée et l’Éthiopie, ils font moins bien que les autres en termes d’accès aux nouvelles technologies. La Banque mondiale souligne que la révolution numérique doit être universelle. Pour ce faire, elle recommande notamment de redoubler d’efforts contre l’illettrisme, qui touche 20 % de la population mondiale. En attendant, les nouvelles technologies contribuent à creuser les inégalités et les avantages compétitifs, y compris entre pays d’Afrique.

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