MARCHÉS FINANCIERS L’ALGÉRIE DE RETOUR ?

C’ÉTAIT LA GRANDE PÉRIODE. Celle du pétrole cher et de la remontée vertigineuse du prix du brent, amorcée en 2005. Alger en avait alors profité pour régler par anticipation, auprès de ses multiples créanciers, l’essentiel du reliquat de sa dette extérieure estimée à près de 25 milliards de dollars. Depuis, la quasi-totalité des « plans de relance » de l’économie ont été financés, à hauteur de plusieurs dizaines de milliards de dollars, sur fonds propres. Le pays a même pu échapper aux conséquences de la crise financière de 2008 grâce à une gestion de « petit épargnant » et à sa déconnexion des réseaux financiers mondiaux. Mais, confrontée aujourd’hui à la baisse de ses recettes et au coût particulièrement lourd de « l’État social », l’Algérie puise vite, trop vite dans ses réserves. La question du recours à l’endettement extérieur se pose à nouveau. Un sujet dont le pays garde un mauvais souvenir, vues les conditions imposées par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale par le passé. Les principaux responsables économiques, dont l’infl uent conseiller du président et ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, remettent en cause le dogme de l’indépendance à tout prix : non, il n’est pas honteux de fi nancer le développement en allant sur les marchés fi nanciers. Beaucoup ont mis en avant l’intérêt de se rapprocher de la Chine, un partenaire traditionnel, notamment dans le secteur des infrastructures (logements, autoroute est-ouest, grande mosquée de la capitale). L’Algérie ira-t-elle plus loin ? N’ayant pas sollicité les institutions fi nancières quand son « rating » était intéressant, elle pourrait de se voir imposer des conditions d’emprunt diffi ciles. Pour la plupart des observateurs, le risque est réel. Le pays n’a pas su, au cours des années fastes, restructurer son économie. Les hydrocarbures comptent encore pour plus de 70 % des recettes fi scales et 90 % des exportations. Les subventions et dépenses sociales représenteraient 30 % du PIB. Besoin de fi nancements diversifi és certes, mais aussi d’un véritable choc modernisateur pour sortir de la dépendance à l’or noir…

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