DJIBOUTI LABORATOIRE CHINOIS

C’EST UNE ALLIANCE entre un géant et un micro-État. Pierre après pierre, accord après accord, la Chine et Djibouti renforcent leur coopération. Porté par leurs présidents respectifs, Ismaïl Omar Guelleh et Xi Jinping, ce rapprochement est hautement stratégique. Pékin entend faire de Djibouti, idéalement situé sur le golfe d’Aden, sa tête de pont pour commercer avec la sousrégion et l’ensemble du continent ; un point clé de la nouvelle route de la soie. En retour, la cité-État ambitionne de devenir le Singapour de la Corne de l’Afrique, un carrefour incontournable pour le transit des minerais et des produits manufacturés. Résultat, les investissements chinois se multiplient. La China Merchants Holdings et la China Exim Bank vont financer à hauteur de 7 milliards de dollars une zone franche de 48 km² destinée au transbordement de marchandises. La première phase, qui s’étendra sur un kilomètre et demi, doit être opérationnelle d’ici à la fin de l’année. À terme, un chantier naval, une autoroute et l’agrandissement du port de Doraleh et de son terminal pétrolier doivent compléter le dispositif. Quelque 200 000 emplois directs et indirects sont attendus pour un investissement global de 48 milliards de dollars. Autre projet tout aussi symbolique, Pékin doit installer, toujours à Djibouti, la première base militaire hors de son territoire. Avant la fin 2017, ce sont pas moins de 10 000 soldats qui devraient être déployés, bien plus que les 4 000 Américains actuellement présents. Pour la Chine, il s’agit de lutter contre la piraterie, frein aux échanges commerciaux, mais aussi de renforcer sa stature sur le plan international. Pékin, qui fournit déjà plus de 30 000 casques bleus aux Nations unies, assure que cette base sera utile à la paix dans la région. De quoi bouleverser les cartes des Français, Américains et Japonais, eux aussi installés dans la cité-État.

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