L’Afrique de l’Est, l’autre Afrique !

C’EST L’UNE DES RÉGIONS LES PLUS prometteuses du continent. Du fait de la taille de ses marchés, de son dynamisme économique ainsi que de sa tradition maritime et commerciale, la façade africaine de l’océan Indien représente un potentiel de croissance et autant de possibilités de flux commerciaux et d’investissements vers et en provenance de l’Asie et du golfe Arabo-Persique.

Les géants asiatiques (Chine, Inde, Indonésie, Malaisie et Corée du Sud) ainsi que ceux du Conseil de coopération du Golfe (GCC), Arabie saoudite, Émirats arabes unis et Qatar, ne s’y trompent pas, et leurs liens économiques et commerciaux n’y ont jamais été aussi importants. Facilitée par une tradition d’échanges maritimes, cette relation économique a été renforcée par la puissance industrielle des pays asiatiques et la capacité d’investissement des monarchies du GCC. Ces dernières, de même que l’Inde et la Chine, voient dans cette région (l’Éthiopie et le Soudan en particulier) une source majeure de leur sécurité alimentaire et y ont massivement investi dans les terres agricoles.

La récente réconciliation des deux Soudans, qui permet de mettre de côté (du moins momentanément) les querelles de frontière, a eu pour effet de permettre la reprise des exportations de pétrole en provenance du Soudan du Sud (mais dont l’acheminement reste dépendant des installations et des facilités portuaires du Nord). L’arrêt des exportations en janvier 2012 avait pratiquement causé la banqueroute des deux pays. Au-delà de l’effet positif sur l’économie des deux Soudans, les riverains directs (Ouganda, Éthiopie, Djibouti et Kenya) bénéficieront également de cette reprise. Les retombées de cette manne pétrolière (qui mettra quelques mois à atteindre son niveau de croisière de 500000 barils par jour, avec des perspectives de croissance à 1 million de barils par jour si l’on croit les études basées sur le potentiel des nouveaux blocs en cours d’exploration) se feront sentir sur les investissements et sur les flux commerciaux dans la région. Le Soudan du Sud est une jeune nation où tout est à construire. Les opérateurs économiques suivent son développement de près et les Chinois se tiennent en première ligne dans la région.

L’Éthiopie, qui profite d’appuis politiques internationaux ainsi que de ceux d’organismes financiers multilatéraux, affiche quant à elle des taux de croissance à deux chiffres (les infrastructures et le secteur agricole étant ceux ayant reçu le plus de fonds). Les Chinois, les Indiens ainsi que les investisseurs du GCC sont de loin les plus actifs dans ce pays ultrastratégique, dont le potentiel de développement n’en est qu’à ses débuts : les projets de routes, de barrages, de chemins de fer, de production énergétique et de développement agricole fleurissent.

Enfin, le Kenya et la Tanzanie sont, avec leur large façade maritime, des pays de transit et d’accès pour les pays africains enclavés. Au Sud, le Mozambique, grâce aux récentes découvertes de gisements d’hydrocarbures offshore ainsi qu’à la position stratégique du port de Maputo, est devenu un pays incontournable dans la région, que beaucoup d’opérateurs asiatiques ou du GCC perçoivent comme point d’accès vers le géant sud-africain.

Et pour jouer ce rôle de pont entre l’Afrique et l’Asie, la ville de Dubaï apparaît de plus en plus comme une place structurée pouvant offrir des capacités d’accueil pour les conférences. Sa situation géographique centrale fait en effet d’elle le point de rencontre incontournable pour les opérateurs économiques africains et asiatiques. « Un émergent au service des émergents » résumerait assez bien le rôle que joue Dubaï dans la révolution qui s’opère sur cette partie du continent.

Déjà Membre ?

Email : Mot de passe :