L’Égypte menacée par la faim

Premier importateur mondial de blé, l’Égypte pourrait avoir du mal à garder sa place dans les prochains mois. Avec 10 millions de tonnes importées par an pour nourrir ses 84 millions d’habitants, Le Caire est toujours parvenu à maintenir une relative stabilité du prix du pain.

Mais, au bord de la rupture, il connaît une récession économique depuis deux ans. Le gouvernement survit sur ses réserves de devises étrangères afin de soutenir la monnaie nationale et ses importations. Or le déficit s’agrandit et les réserves de change du pays ont baissé de 60 % depuis la révolution. L’importation du blé devient alors difficile pour ce pays, l’un des plus grands consommateurs au monde, (145 kg par habitant, selon la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture). En février, Nomani Nomani, le vice-président de l’agence gouvernementale qui achète le blé sur le marché international, a quitté son poste sans explication. En avril, le ministre de l’Approvisionnement et du Commerce, Bassem Ouda, déclarait que les réserves permettraient de tenir jusqu’à fin juin. Le gouvernement tente de résoudre le problème en diminuant de 10 % les importations. Il voudrait se recentrer sur une production locale.

Enfin, l’Égypte négocie actuellement un prêt du FMI. Ce dernier s’élèverait à 4,8 milliards de dollars. Seulement, l’un des négociateurs principaux de la délégation égyptienne, Hany Kadry Dimian, vice-ministre des Finances, vient de démissionner. À l’approche des moissons dans le delta du Nil, le seul indice positif est celui de la récolte espérée. La production de cette année est estimée à 9 millions de tonnes – un record, selon les analystes.

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