Indicateur n° 1 : La solidité macroéconomique

Indicateur n° 1 : La solidité macroéconomique

Apprécier la solidité macroéconomique d’un État revient à mesurer le volume de son économie (PIB, PIB par habitant, indice de performance), sa résilience face aux chocs extérieurs (réserves de change, indice de concentration des exportations), son dynamisme (taux de croissance moyen du PIB les quatre dernières années) et son potentiel (indice de potentiel).

L’Afrique du Sud apparaît sans surprise comme ayant l’économie la plus solide, devant le Nigeria, l’Égypte ou encore l’Algérie. Ces trois pays se singularisent par un PIB très important à l’échelle du continent, représentant à eux seuls davantage de richesse que les PIB conjugués des 22 États qui les suivent. Pour l’heure, les PIB africains sont très en deçà de ceux des pays émergents. Le PIB sud-africain représente 1/20 du PIB chinois, 1/5 du PIB brésilien et rivalise avec des économies émergentes comme l’Argentine ou la Thaïlande. La prospérité d’une nation doit également être rapportée à sa démographie. De ce point de vue, la Guinée équatoriale, le Gabon et la Libye monopolisent les premières positions.

Ces trois économies reposent sur une rente pétrolière qui arrose une population faible. Il est fréquemment avancé que le taux de croissance moyen du PIB africain est au niveau de celui de l’Asie depuis 2000. Toutefois, rapportée à l’évolution démographique, la croissance du PIB africain n’est « que » de 29 % entre 2000 et 2010 quand elle est sur la même période de 67 % en Asie. Le Nigeria peut s’appuyer sur l’un des plus importants taux de croissance du continent, de l’ordre de 7,4 % en moyenne depuis 2009. La Tunisie, en raison du Printemps arabe, ferme la marche avec 1,7 %. Parmi les pays avec un fort taux de croissance, on trouve la Libye (avec un taux record en 2012, supérieur à 100 %), le Ghana, l’Éthiopie, le Rwanda, le Mozambique et la Zambie, avec des taux supérieurs à 7 % en moyenne.

L’indicateur de performance établi par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) offre un regard intéressant, élaborant un ratio entre la part du pays dans le total mondial des investissements directs étrangers (IDE) entrants et sa part dans le PIB mondial. De ce point de vue, le Congo, le Ghana, le Mozambique, le Nigeria, la Zambie et la Guinée équatoriale figurent dans les trente premières places mondiales, preuve que ces États accueillent un volume important relativement à la taille de leur économie. Enfin, la résilience des économies africaines s’avère très disparate, l’Afrique du Sud se distinguant par ses réserves de devises du continent (3e position) et son indice de concentration de ses exportations (4e position), deux indicateurs qui illustrent la capacité d’un État à faire face aux chocs extérieurs.

L’Afrique du Sud fait d’ailleurs figure d’exception puisque les quatre autres principaux réservoirs de devises sont des économies pétrolières dont l’indice de concentration est parmi les plus mauvais du continent : Algérie, Libye, Nigeria, Angola. Lorsque ces deux indicateurs se croisent positivement, comme c’est le cas également pour l’Égypte, le Maroc et dans une moindre mesure la Tunisie (dont les réserves de devises restent assez faibles), ils illustrent la maturité des économies. Les pays émergents matures occupent d’ailleurs onze des trente premiers rangs du classement de potentiel réalisé par la Cnuced. Aucun pays africain ne figure dans cette liste, l’Afrique du Sud se classant à la 34e place mondiale, suivie de l’Égypte (46e) et du Nigeria (53e). Les puissances montantes d’Afrique australe, fréquemment louées pour leurs performances encourageantes, sont toutes au-delà de la 100e place, illustration des efforts auxquels il faut consentir pour agir comme des acteurs économiques globaux.

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» Tableau d'indices n°1
» Tableau d'indices n°2

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