Indicateur n° 2 : La performance financière

Indicateur n° 2 : La performance financière

La situation financière peut être appréhendée à travers un certain nombre d’indices illustrant la santé financière (taux d’inflation, niveau d’endettement), le dynamisme du secteur (niveau de capitalisation, accès au crédit pour les entreprises) ou la liberté des capitaux (indice Kaopen). De ce classement, il ressort que l’Algérie, le Botswana, l’Afrique du Sud, le Maroc, le Cameroun offrent une situation financière susceptible de favoriser l’émergence, à la différence de la Côte d’Ivoire, de l’Éthiopie, du Mozambique, de la Libye ou de l’Angola. L’inflation qui touche les économies africaines est très variable, allant de 0,9 % au Maroc et 1,3 % au Gabon à 18,7 % en Ouganda et 33,1 % en Éthiopie, bien que les perspectives à venir dans ce pays permettent d’envisager une amélioration substantielle. Des taux d’inflation qui peuvent parfois illustrer un manque de maturité macroéconomique qui ne se retrouve pas chez les émergents hors Afrique, où le taux d’inflation oscille entre 3 % en Malaisie, au Chili et au Mexique et 9,8 % en Argentine.

En revanche, le niveau d’endettement moyen des économies africaines émergentes est inférieur aux émergents du reste du monde. Cette performance est à mettre sur le compte d’un désendettement sous l’effet de l’annulation de dette à travers l’Initiative pays pauvres très endettés (PPTE) et d’un remboursement de crédits pour l’Angola (endettement représentant 28 % du PIB), l’Algérie (8,6 % du PIB) et le Nigeria (14,7 % du PIB). Ces deux derniers pays figurent parmi les économies les moins endettées du continent avec la Guinée équatoriale, le CameCameroun et le Botswana, où les autorités continuent de lutter contre le réendettement extérieur. Une tendance qui n’est pas uniforme sur le continent, où certains pays comme le Ghana (45 % du PIB) ou l’Égypte (79 % du PIB) se réendettent dangereusement. En dépit de sa bonne santé relative, le secteur financier est naissant. À l’exception du Botswana (50 %), de Maurice (47,4 %) et du Rwanda (46,3 %), l’accès des entreprises au crédit bancaire reste assez faible sur le continent en comparaison avec le reste du monde.

En moyenne, 22 % des entreprises ont un prêt en cours, contre 43 % dans les économies en développement hors Afrique. L’intégration financière africaine est encore plus embryonnaire. La capitalisation des entreprises intérieures cotées place l’Afrique du Sud à un niveau légèrement inférieur à celui de la Corée du Sud et de l’Inde, avec un volume de plus de 850 milliards de dollars, mais largement supérieur au niveau de capitalisation du Mexique ou de l’Indonésie. La Chine, quant à elle, culmine largement en tête avec un volume de 3 389 milliards de dollars. En revanche, les autres États émergents africains font pâle figure, la deuxième capitalisation africaine, le Maroc, ne représentant que 60 milliards de dollars, devant l’Égypte (48 milliards) et le Nigeria (39 milliards).

Les perspectives des institutions financières africaines se veulent résolument optimistes quant à la croissance à venir des marchés financiers du continent. À titre d’exemple, l’Angola projette de lancer son marché financier d’ici à 2015 avec une capitalisation initiale qui devrait atteindre 11 milliards de dollars, ce qui placerait l’Angola à la sixième place des capitalisations boursières africaines. Cette introduction angolaise en appellera sans doute beaucoup d’autres sur le continent. En ce qui concerne la fluidité de circulation des capitaux africains, elle est globalement légèrement plus libre que chez les autres États émergents, comme en témoigne l’indice Kaopen, réalisé par Menzie Chinn et Hiro Ito, qui regroupe quatre variables, à savoir le taux de change, les restrictions sur le compte courant, les restrictions sur le compte capital et le degré d’ouverture commerciale. Les États africains où les restrictions sur les mouvements des capitaux sont les plus faibles sont l’Ouganda, le Botswana et la Zambie, tous trois avec l’indice maximum de 2,46, suivis de Maurice, de l’Afrique du Sud et de l’Égypte. Dans le reste du monde, à l’exception de la Chine (indice de 2,46), la circulation des capitaux rencontre toujours d’importants freins. La santé des finances africaines n’a sans doute jamais été aussi bonne. Le plus dur est désormais de préserver cette bonne santé.

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