Indicateur n° 3 : La projection internationale

Indicateur n° 3 : La projection internationale

L’émergence africaine doit s’apprécier au regard de la capacité de ses États à briller hors du continent. Il convient donc de mesurer leur insertion dans l’ordre économique global, leur capacité à se projeter à l’extérieur. De ce point de vue, l’Afrique accuse un retard certain par rapport aux émergents asiatiques et sudaméricains. Si le continent compte aujourd’hui plus de cent entreprises nationales ayant un revenu supérieur à 1 milliard de dollars (750 millions d’euros), le Boston Consulting Group, cabinet international de conseil en stratégie, apporte des éléments de comparaison mondiaux intéressants.

Parmi les cent firmes émergentes au niveau international, on ne compte qu’une entreprise égyptienne et cinq sud-africaines. L’Afrique du Sud constitue sans conteste le seul poids lourd du continent sur la scène mondiale, première puissance exportatrice africaine, État dont les entreprises sont les plus certifiées ISO et dont le niveau d’IDE sortants donne à lire sa capacité à conquérir des marchés étrangers. En matière d’IDE sortants, le pays a davantage investi hors de ses frontières que tous les pays du continent réunis. Loin derrière Pretoria (un peu plus de 72 milliards de dollars), Tripoli compte malgré tout environ 16,8 milliards d’IDE sortants, devant l’Angola, l’Égypte et le Nigeria. Cependant, à l’échelle mondiale, même l’Afrique du Sud accuse un retard par rapport à ses rivaux revendiquant le titre de puissance émergente, la Chine. L’Afrique doit également être une terre productrice d’investissements à travers le monde. C’est une condition indispensable à son émergence mondiale. Accusant un retard certain par rapport à l’Afrique du Sud, l’Angola se retrouve naturellement en deuxième position, de par le volume de ses exportations pétrolières, un pourcentage élevé d’entreprises certifiées ISO (21 %, soit quasiment autant que le Brésil, le Mexique, l’Inde ou le Chili) et un volume d’investissements à l’étranger consistant à l’échelle africaine. L’activisme de Sonangol y est pour beaucoup. Derrière l’Angola, l’Égypte, la Libye et le Nigeria figurent parmi les Etats africains les plus ancrés à l’international sans pour autant revendiquer la même insertion que leurs homologues hors Afrique.

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