INTERVIEWS

Younes Boumehdi «La radio reste le média numéro un»

Younes Boumehdi «La radio reste le média numéro un»

Rassemblant 2 millions d’auditeurs par jour au Maroc, sa station est aussi présente dans dix pays africains. Lancée en 2006, après de nombreux rebondissements, elle entend devenir l’espace de divertissement et d’expression libre de la jeunesse du continent.
Jean et t-shirt pour unique tenue vestimentaire, Younes Boumehdi, 47 ans, a gardé son âme d’adolescent. Né dans une famille aisée de Rabat, il passe son enfance dans cette ville avant de poursuivre des études de communication et marketing à Paris. C’est là qu’il découvre les radios libres et prend conscience du pouvoir libérateur mais aussi social des ondes. De retour au Maroc, il veut se lancer dans l’aventure.

Akinwumi Adesina «Il faut adopter une culture de la performance»

Akinwumi Adesina «Il faut adopter une culture de la performance»

Il porte le noeud papillon et arbore un large sourire. Il parle sans langue de bois et ne passe pas inaperçu. Il défend son approche et ses projets. Depuis son arrivée à la tête de la BAD, le président bouscule à la fois l’institution et le monde feutré des financiers et des banquiers. Le tout au nom de l’impératif de développement.
Mi-avril, Abidjan. Il arrive à peine d’Afrique du Sud et repart dans quarantehuit heures aux États- Unis pour les assemblées annuelles de la Banque mondiale (BM) et du Fonds monétaire international (FMI) à Washington. Akinwumi Adesina, huitième président de la Banque africaine de développement (BAD), élu en mai dernier, est un homme très occupé, en voyage permanent.

Jean-Michel Severino « L’Afrique doit faire émerger des champions »

L’ancien grand patron de l’Agence française de développement garde un oeil toujours aussi acéré sur les questions « macro ». Mais aujourd’hui, le fonds d’investissement qu’il dirige se préoccupe essentiellement de « micro », des petites et moyennes entreprises. Pour cet investisseur atypique, le secteur privé est, plus que jamais, l’avenir du continent.

Richard Bielle « La classe moyenne, c’est le véritable enjeu »

L’ancien groupe de commerce « postcolonial » est en pleine mutation. Rachetée en 2012 par une filiale du géant Toyota, l’entreprise cherche à s’adapter aux transformations du marché africain. Objectifs : être présent au-delà des zones francophones traditionnelles, explorer de nouvelles activités comme la grande distribution. Et s’adresser à la plus large clientèle possible.

Ahmadou Aly Mbaye : « Les dispositions prudentielles excessives inhibent les investissements »

Ahmadou Aly Mbaye : « Les dispositions prudentielles excessives inhibent les investissements »

Le professeur Ahmadou Aly Mbaye, doyen de la faculté des sciences économiques et de gestion (Faseg) de Dakar, a enquêté au Sénégal, au Burkina Faso et au Bénin pour donner une visibilité à un secteur informel délaissé par les banques, représentant au moins 50 % du PIB de ces pays. Il a publié chez Pearson Les Entreprises informelles de l’Afrique de l’Ouest francophone, coécrit avec l’économiste de la Banque mondiale Nancy Benjamin.

Alami Lazraq : « Le succès d’un projet, c’est de le vendre »

Alami Lazraq : « Le succès d’un projet, c’est de le vendre »

En près de vingt ans, son entreprise est devenue le premier opérateur immobilier et touristique intégré du Maroc. Partenaire historique de grands groupes comme Accor, Alami Lazraq parie aujourd’hui sur le logement social et l’immobilier pour les classes moyennes locales. Et surtout sur un développement volontariste en Afrique subsaharienne. Architecte de formation il a obtenu son diplôme à Paris en juin 1976, haut cadre de l’État marocain puis du plus grand conglomérat du pays, l’Omnium nord-africain (ONA), Alami Lazraq décide en 1994 de créer sa propre entreprise. Ce sera Alliances, au sein de laquelle il endosse plusieurs rôles, notamment ceux d’aménageur-développeur, de promoteur, de prestataire de services et de constructeur. Entretien avec un homme aux multiples casquettes.

Yérim Sow : « Nous devons nous arrimer à la mondialisation »

Yérim Sow : « Nous devons nous arrimer à la mondialisation »

Fortuné, très discret, très ambitieux, il est l’une des figures de proue du nouveau capitalisme africain. Télécoms, immobilier, banque, hôtellerie, Yérim Sow a construit son propre groupe et investit dans l’avenir. Entretien exclusif sur la stratégie de son entreprise. Le fondateur de la société Teyliom, fils de l’entrepreneur Aliou Sow (fondateur de la Compagnie sahélienne d’entreprise, CSE), est un touche-à-tout surdoué. Après ses réussites dans les télécoms, la finance, l’immobilier, il s’attaque aujourd’hui à l’hôtellerie, avec un objectif d’investissement de plus de 300 millions d’euros. Ce « quadra » efficace, qui évite toute forme de médiatisation, se méfiant des images, incarne une nouvelle génération d’entrepreneurs.

Lionel Zinsou : « L’Afrique est en train de faire sa révolution»

Lionel  Zinsou : « L’Afrique est en train de faire sa révolution»

Capital, progrès technique et progrès humain, telles sont les trois clés de la métamorphose en cours. Entretien avec un banquier d’affaires particulier, partagé entre ses racines et les évolutions du vaste monde. Franco-béninois, il dirige aujourd’hui l’un des principaux fonds de capitalrisque européen, PAI Partners. Son père était le médecin personnel de Léopold Sédar Senghor et son oncle est l’ancien président du Bénin Émile Derlin Zinsou. Personnalité reconnue de l’establishment, proche de Laurent Fabius, membre de l’institut Montaigne (le think tank créé par Claude Bébéar), c’est avant tout un économiste passionné qui s’attache à montrer une autre réalité de l’Afrique. « Vous discutez avec lui et, même si vous n’êtes pas d’accord, vous vous sentez plus intelligent après », s’amuse l’un de ses associés chez PAI.

Pedro de Verona Rodrigues Pires « Je me méfie de l’idée de l’État parfait »

Pedro de Verona Rodrigues Pires « Je me méfie de l’idée de l’État parfait »

Il est l’artisan du miracle cap-verdien, personnalité unanimement reconnue et dernier prix Mo Ibrahim en date. Un homme d’État d’expérience avec des idées souvent à contre-courant sur des questions où normalement le conformisme bien-pensant s’impose. Vétéran de la lutte anticoloniale, il aura marqué une longue période de l’histoire de son pays. Premier ministre au lendemain de l’indépendance de 1975, il tient le poste jusqu’en 1991. Élu président en 2001, réélu de justesse en février 2006 (avec un score de 50,98 % des voix), il quitte le pouvoir au terme de ce second mandat. Il laisse une nation pauvre, sans eau, éloignée des principaux centres mondiaux, transformée. Le Cap-Vert sort de la catégorie des PMA (pays les moins avancés), et accède au rang d’économie intermédiaire. Pedro Pires devient lauréat du prix de la Fondation Mo Ibrahim en 2011 (dernière année où le prix a été attribué).

Henri-Claude Oyima « Faire émerger un secteur financier fort qui nous soit propre »

Henri-Claude Oyima « Faire émerger un secteur financier fort qui nous soit propre »

Banquier habile, il a su construire un groupe financier panafricain tout en gérant le poids politique de ses actionnaires. Le patron de BGFIBank rassure sur la gouvernance et la rentabilité de l’entreprise. Et fait preuve d’un militantisme économique surprenant. Banquier, c’est vraiment sa vie ! Jeune cadre de la Citibank posté à Athènes, il rejoint en 1984 la Banque de Paris et des Pays-Bas Gabon (future BGFIBank) dans le cadre de la politique de gabonisation voulue par l’ancien président Omar Bongo Ondimba. Suivra un remarquable parcours, en marge du pouvoir, avec un bel instinct de survie. Celui qui fut le patron des patrons gabonais pendant près de dix ans sera surtout le maître d’œuvre du développement de BGFIBank. Un groupe financier à la fois gabonais et panafricain. Et un groupe atypique qui ambitionne de maîtriser sa croissance et de dégager une forte rentabilité.

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